Une course animée et Ferrari qui confirme sa très bonne forme actuelle, voilà le bilan de ce quatrième rendez-vous de la saison, qui était également la première course disputée en Europe.
Début de course agité
Il fait beau et chaud ici à Montmelo lorsque s’élancent les monoplaces. Tout le monde a choisi de faire le premier relais en pneus tendres. Kimi Raïkkönen, mais surtout Felipe Massa et Lewis Hamilton réalisent un très bon départ. Massa parvient à franchir le deuxième virage entre son coéquipier et Fernando Alonso, pourtant parti deuxième, Hamilton pointe déjà au quatrième rang. Derrière, comme d’habitude, on se chamaille : Sutil tente de dépasser Vettel de manière un peu optimiste : il heurte son compatriote de chez Toro Rosso, c’est l’abandon pour les deux allemands. Les débris laissés sur la piste contraignent la direction de course à faire sortir la voiture de sécurité, qui restera deux tours durant en piste. L’ordre des hommes de tête, qui restera inchangé au "restart" est le suivant : Raïkkönen, Massa, Alonso, Hamilton, Kubica, Kovalainen, Heidfeld et Webber. Tandis que Raïkkönen est très rapide et s’échappe sans trop de difficultés, Massa est à la tête d’un petit peloton qui se rapproche de lui doucement. Au sixième tour, Piquet Jr, relégué en fond de classement suite à une petite erreur, heurte Bourdais. Roue avant gauche abimée, le Français va abandonner une fois rentré aux stands, imité le tour suivant par son bourreau du jour, dont l’apprentissage est décidément bien difficile. Alors que Davidson abandonne lui aussi (huitième tour, boîte de vitesse), Massa parvient à se détacher d’Alonso mais pointe à trois secondes de Kimi Raïkkönen. Au seizième tour intervient l’explication -logique !- à la performance de la Renault n°5 en qualifications : Alonso ravitaille déjà, et repart en pneus tendres. Deux tours plus tard, Massa effectue son ravitaillement. Kimi Raïkkönen, le leader, attend le dix-neuvième tour, tandis que Hamilton et Kubica rentrent de concert à la vingtième boucle pour effectuer leur "pit stop". Tout le monde rechausse les pneus tendres.
Un deuxième relais difficile pour les hommes et les mécaniques
Lors du vingt-et-unième tour, Kovalainen tire presque tout-droit au virage n°9 suite -visiblement- au bris d’un élément de suspension (moyeu semble-t-il) peut-être provoqué, aux dires d’un communiqué officiel de McLaren, par l’incrustation d’un débris entre la jante et la suspension. La MP4-23 s’encastre violemment dans le mur de pneumatiques, et il faudra attendre dix minutes avant que la monoplace ne soit dégagée et son pilote évacué en civière, visiblement secoué mais sain et sauf (et sans fracture à en croire une déclaration de McLaren parue en fin de course). Pendant ce temps, bien sûr, la voiture de sécurité a refait son apparition en piste, laissant derrière elle au vingt-quatrième tour Heidfeld, Raïkkönen, massa, Hamilton, Kubica, Barrichello, Alonso et Button. Heidfeld s’arrête aux stands : erreur ! En effet, la Pit Lane n’était pas ouverte, l’allemand écopera d’une pénalité dont il s’acquitte au trente-troisième tour. Barrichello a ravitaillé une boucle plus tard que Heidfeld, et est l’auteur de la séquence "Vidéo Gag" du jour : il ressort de la Pit Lane avec un aileron avant coincé entre sa suspension avant droite et son fond plat, le contraignant à un tour au ralenti et à un deuxième passage gratuit par les stands. Au trente-quatrième tour, alors que la course a été relancée depuis six boucles et qu’il occupe la cinquième position, Alonso abandonne sur casse moteur. Sept tours plus tard, c’est au tour de Rosberg de renoncer, visiblement pour une raison similaire, sur la ligne de départ.
Une fin de course sans histoire
Massa effectue son deuxième ravitaillement au quarante-sixième tour et chausse les pneus durs. Il est imité par Webber et Trulli, ainsi que par Hamilton, Kubica et Raïkkönen au tour suivant. Ce dernier va d’aileurs perdre deux secondes à cause d’un léger problème, qui ne l’empêche pas de repartir en tête. La fin de course ne sera pas très agitée. Notons toutefois une touchette entre Glock et Coulthard au cinquantre-troisième tour, et le dépassement -laborieux- de Heidfeld sur Fisichella pour le gain de la neuvième place. Au cours des dix derniers tours, Raïkkönen et Massa ne vont pas chercher à pousser leurs monoplaces à la limite, même si Kubica et surtout Hamilton se montrent pressants. Ainsi, les quatre hommes de tête franchiront la ligne d’arrivée avec à peine cinq secondes d’écart. Raïkkönen l’emporte donc devant Massa, Hamilton, Kubica, Webber, Button (qui revient de loin sur sa Honda), Nakajima (auteur d’une solide prestation), Trulli (une fois de plus au rendez-vous) et Heidfeld (qui échoue aux portes des points).